Chaque morceau de « Take it Easy! » est précédé d’une histoire vraie. Certaines racontent des scènes croisées ou empruntées, d’autres puisent plus profondément dans un vécu personnel, c’est le cas de celle-ci.
C’est précisément ce genre d’histoire, universelle et jamais forcée, qui fait qu’engager un musicien pour soirée d’entreprise devient bien plus qu’une simple animation en fond sonore. Dusty Road to Texas en est un bon exemple : elle parle d’une route poussiéreuse. Pas une vraie route, ou pas seulement : la route qu’on prend quand on cherche quelqu’un sur Internet, avec juste une adresse dans la poche, quelques photos, un mail, un numéro. On roule vers un inconnu en espérant qu’il devienne, peut-être, la personne de sa vie. Le public n’assiste pas seulement à des chansons, il entre dans des récits qu’il reconnaît.
J’ai fait cette route plusieurs fois fois dans ma vie.
C’était il y a une vingtaine d’années. J’avais la quarantaine, j’étais de nouveau célibataire, et je réalisais que je ne rencontrais personne. Pas parce que je ne cherchais pas, je jouais du violon dans un groupe de country très suivi en Suisse romande, et depuis la scène, je regardais les danseuses en ligne en me demandant si, cette fois, il y aurait quelqu’un. Mais si une faisait battre mon cœur, j’étais trop timide pour aller lui parler…
Alors j’ai fait ce que beaucoup de gens font : je me suis tourné vers les sites de rencontre. On était au début des années 2000, avant Tinder, avant les applications simples, il y avait même des agences matrimoniales où on payait cher pour être mis en relation.
Ce qui a suivi, ce sont des années de tentatives. Des rendez-vous où, avant même d’avoir dit bonjour, je savais déjà que ce ne serait pas elle. Le premier regard, l’espace d’une fraction de seconde, et je savais déjà que c’était « non ». Et des rencontres à l’autre bout de l’Europe, des vols réservés, la valise faite, et puis l’arrivée à l’aéroport et le premier regard… J’ai même attendu dans un aéroport en vain ‘arrivée de quelqu’un…
Des voyages de plusieurs jours dans des pays lointains, où je me donnais plus de temps pour tenter de construire une relation, mais ça ne fonctionnait pas. Et à chaque fois qu’il fallait dire non, il fallait aussi accepter que l’autre personne, en face, avait espéré un « oui »… Ce sont des moments qui marquent, pas seulement pour soi.
Ça, c’est resté dans la chanson : un vers dit « I take you in my arms and then we cry », je te prends dans mes bras et on pleure. Quand on l’a enregistrée à Nashville, le producteur m’a fait remarquer : « Enrico, pourquoi tu ne dis pas qu’on s’embrasse plutôt que de pleurer ? » Je lui ai répondu que c’était ça, la vérité : parfois, dire non fait autant de mal que dire oui aurait dû faire de bien.
Après quelques années de tentatives infructueuses, je me suis dit que ça ne servait à rien. On ne peut pas commander l’amour comme on commande un billet d’avion. Il manque toujours quelque chose, un vécu commun, une gêne au bon endroit, ce petit papillon dans le ventre qui ne se fabrique pas sur demande. J’ai fermé tous mes comptes sur les sites de rencontre. Tous, sauf un, que j’avais complètement oublié, un service activé par SMS, resté actif sans que j’y pense.
Et c’est là que l’histoire devient presque impossible à croire.
Un jour, en fouillant sur mon téléphone, je tombe sur un message. Une photo. Une très belle jeune femme. Je me dis que c’est sûrement une arnaque, ça arrivait souvent. Le message datait de trente jours. Trente jours pendant lesquels, de son côté, une femme retournait chaque jour dans un cybercafé pour voir si « l’homme avec le chien », c’est ma photo qui l’avait touchée, moi avec mon chien, avait fini par répondre. Ce jour-là, elle s’était dit que si je ne répondais toujours pas, elle passerait à autre chose. C’était le dernier jour. J’ai répondu.
On a commencé à s’écrire, en traduisant chaque message car elle parlait portugais, moi pas un mot. Je lui ai demandé où elle habitait. Elle m’a répondu : au Brésil. Je me suis dit que c’était beaucoup trop loin, que ça n’avait aucun sens. Mais il y avait quelque chose dans cette histoire que je ne pouvais pas laisser filer. On a organisé une visioconférence pour vérifier si c’était bien la femme de la photo, méfiant après tant de désillusions. Et cette fois, quand l’écran s’est allumé, la personne en face de moi était bien celle de la photo.
Quelques semaines plus tard, je prenais l’avion pour le Brésil. Et à la descente de l’avion, en la voyant pour la première fois en vrai, il s’est passé quelque chose que je n’avais ressenti avec personne d’autre en toutes ces années de recherche : un oui, immédiat, sans hésitation, quelque part au fond de moi, à l’instant où j’ai croisé son regard. Ironie de l’histoire : c’est arrivé au moment précis où j’avais arrêté d’y croire. Je cite les paroles du refrain: « And when the sun goes down near Abileen, everything is clear, I will go back to Nashville, Tennessee, that’s where you may be »
Elle est devenue ma femme. Cela fait maintenant seize ans que nous sommes ensemble.
Dusty Road to Texas, c’est tout ça : la route qu’on prend sans savoir où elle mène, les faux espoirs, les au revoir difficiles, et puis, une fois, la bonne rencontre, arrivée par le chemin le plus inattendu, au moment où on ne l’attendait plus.

Un musicien pour soirée d’entreprise différente
C’est ce genre d’histoire, avec toute son humanité, que je partage sur scène entre deux morceaux. Un musicien pour soirée d’entreprise, ce n’est pas juste de la musique en fond sonore : c’est un moment où les gens s’arrêtent, écoutent, et se retrouvent dans ce qu’on leur raconte. Envie d’offrir ça à votre équipe ? Toutes les formules sont détaillées ici.
Enrico Pestalozzi, aussi musicien pour soirée d’entreprise, présente son spectacle le samedi 10 octobre 2026 à la Crêperie de Rue. Venez le découvrir.

