Poussière d’étoiles

Poussière d'étoiles

Comme premier morceau du spectacle « Take it easy!« , je vous présente « Poussière d’étoiles », une composition instrumentale inspirée de la musique celtique.

J’adore le côté mystérieux de cette musique. Ça me fait penser au passé lointain, aux légendes du roi Arthur, aux druides, aux esprits des forêts quand tombe la nuit, aux brumes d’Écosse ou à celles de Moudon… C’est là que je suis heureux d’habiter à Vauderens : on les voit depuis au-dessus.

Poussière d’étoile m’a fait penser à quelque chose d’encore un peu plus ancien : ce qui nous compose.

Notre corps physique. Parce que finalement, de quoi est-ce qu’on est faits ? Principalement d’oxygène, de carbone, d’hydrogène… Des éléments qui existaient bien avant nous, qui ont voyagé dans l’Univers, participé à la formation de la Terre, puis sont passés par l’air, l’eau, les plantes, les animaux et se joignent à nous chaque jour par la nourriture, les boissons, la respiration. Avant de repartir de nouveau ailleurs.

Si on regarde bien, nous sommes des assemblages temporaires de matériel de recyclage. Et même pendant notre vie, ces atomes se renouvellent constamment. Notre peau se renouvelle, nos cheveux tombent et repoussent — ou pas —, nos cellules se renouvellent…

Donc la personne que j’étais à vingt ans n’existe pratiquement plus. J’ai beau expliquer à ma fille que j’étais châtain, bouclé, avec une moustache et une barbe, elle est obligée de fouiller dans mes albums photo des années 80 pour y croire.

Et après nous ?

Un jour, ces atomes qui tourbillonnent en nous vont simplement continuer leur voyage, comme les poussières d’étoiles qu’ils sont. Certains finiront peut-être dans un arbre, dans une pierre, dans un canard… ou dans quelqu’un qui n’est même pas encore né.

Mais nous ? Est-ce qu’il restera quelque chose de nous quand nous ne ferons plus partie de ce tourbillon ? Quelque chose que nous pouvons appeler « moi » ? Quelque chose d’unique, peut-être même d’éternel ? Est-ce que je suis plus que de la poussière d’étoiles ?

Je n’ai évidemment pas la réponse. Sinon le concert coûterait beaucoup plus cher. Demandez à la Crêperie de Rue – où j’ai eu on show le 10 octobre 2026 – si ils trouveraient ça une bonne idée. Alors j’ai préféré faire un morceau sans paroles. Je vous laisse le soin de les mettre vous-mêmes.

L’inspiration

J’ai composé jusqu’ici plusieurs morceaux celtiques. Celui que je joue en ouverture s’appelle Poussière d’étoiles. Il est né d’une ambiance sonore de film qui m’a frappé au plus profond de moi : une mélodie de violon entendue en arrière-plan dans un film sur les premiers colons en Acadie. J’ai oublié le titre du film., mais je n’ai jamais oublié cette ligne mélodique.

Elle m’a tellement touché que j’en ai repris les grandes lignes, avant de la compléter avec mes propres idées et d’ajouter toute la partie mandoline, qui est entièrement de mon cru. La partie violon garde donc cette empreinte lointaine, de voyage, de souvenir, comme une trace laissée par quelqu’un d’autre, quelque part avant moi. La mandoline, elle, joue une contre-partie : elle éveille la réflexion, elle ouvre sur l’infini. C’est ce mélange des deux, cette rencontre entre un souvenir emprunté et un espoir en l’avenir